Pennylane - Tous vos flux financiers au même endroit Pennylane - Tous vos flux financiers au même endroit Vous êtes expert-comptable ? Se connecter Démarrer maintenant
Love money et fonds propres : quels enjeux comptables ?

Love money et fonds propres : quels enjeux comptables ?

Lorsque vous vous lancez dans une aventure entrepreneuriale, vous allez vite vous retrouver face à un vocabulaire comptable que vous devez maîtriser, notamment quand vous postulez à des concours ou à des appels à projets, ainsi que lors de vos demandes de financement. Parmi ces termes, il y en a un qui revient très souvent et qui peut être déterminant pour la réussite de votre entreprise : les fonds propres.

         

Beaucoup de dispositifs demandent en effet un montant minimum de fonds propres dans leurs critères d’éligibilité. Pourquoi ? Les financeurs considèrent que ce n’est pas à eux d’assumer seuls le risque, mais à vous également, et cet indicateur est une sorte de reflet de votre engagement. Vous devez donc veiller à vos fonds propres dès la création de votre structure.

         

Fonds propres, de quoi parle-t-on ?

         

Les fonds propres sont les ressources durables de l'entreprise regroupant les capitaux propres (capital initial apporté par les associés, primes d'émission, primes d'apport, subventions d'investissement…) et d'autres types de financement (avances conditionnées, investissement en échange de royalties, titres participatifs...). 

         

Cette notion est parfois étendue aussi aux “quasi-fonds propres”, qui regroupent des ressources stables n'ayant pas le caractère de capitaux propres, telles que les comptes courants d'associés, les emprunts participatifs ou les obligations convertibles.

         

Quelles solutions pour augmenter ses fonds propres au démarrage ?

         

Comment faire si vous n’avez pas mis un peu d’épargne de côté pour financer le lancement de votre activité et débloquer des financements supplémentaires ? Une des solutions les plus fréquentes est de faire appel à la fameuse “love money” (financement venant de votre réseau personnel : famille, amis…). Mais comment bien gérer ce financement au niveau comptable pour que ce soit comptabilisé comme des fonds propres ? 

         

Vous avez 3 possibilités, que je détaillerai dans un instant :

  • Don ou emprunt personnel

  • Investissement en échange de royalties

  • Accord d’investissement rapide (BSA Air)

         

D’autres solutions sont possibles, par exemple, l’émission d’obligations convertibles en actions ou simplement l’augmentation de capital pure et simple, mais elles sont plus complexes à mettre en œuvre et/ou moins adaptées au tout premier stade de financement d’une entreprise et à la love money

         

1) Le don ou l’emprunt personnel

Si les personnes qui sont prêtes à vous soutenir sont vraiment très proches et ont envie de vous aider personnellement, elles peuvent vous faire un don ou un prêt personnel. Vous pouvez ensuite investir cette somme dans votre entreprise, en tant que capitaux propres. Cette solution a pour avantage de ne pas impliquer vos proches dans la gestion de votre entreprise. 

         

2) L’investissement en échange de royalties

Une autre manière d’augmenter vos fonds propres en faisant appel à votre love money, c’est de proposer à vos proches d’investir directement dans votre entreprise en échange de royalties, comme le propose WE DO GOOD. Dans ce cas, ils vont avoir droit à un pourcentage prédéfini du chiffre d’affaires de votre entreprise, que vous allez céder pendant une période déterminée. Deux avantages principaux à cette solution : vous ne remboursez vos proches que selon l’évolution du chiffre d’affaires, ils sont ainsi directement intéressés à la réussite de votre entreprise, sans être détenteurs de capital.

         

3) L’accord d’investissement rapide (BSA AIR)

Dernière solution, un mode de financement très en vogue actuellement, venu des Etats-Unis, celui des BSA Air ou “bon de souscription d’actions - accord d’investissement rapide”. Son principal avantage : disposer d’une trésorerie immédiate sans avoir à payer d’intérêts et sans avoir à déterminer immédiatement la valorisation de l’entreprise.  Dans ce cas, vos investisseurs “love money” ne vont entrer au capital qu’à la survenance d’un événement ultérieur, comme par exemple une levée de fonds future. Et c’est à ce moment-là que la valorisation sera déterminée. En revanche, cela veut dire que vous allez probablement devoir intégrer ces personnes à votre capital à terme et qu’elles auront voix au chapitre lors de vos assemblées générales. Et vous devrez gérer leur sortie à un moment donné. Il convient pour cela de préparer dès l’émission des BSA Air le pacte d’associés. 

         

N’hésitez pas à télécharger le guide sur la gestion de la love money, qui vous permettra d’accéder à un tableau comparatif des avantages et inconvénients de ces différentes solutions.

         

Un indicateur à soigner dans la durée

         

Gardez en tête de viser un bon équilibre de financement de votre entreprise entre fonds propres (capital social), quasi-fonds propres (royalties, BSA AIR, comptes courants d’associés bloqués) et dettes (comptes courants d’associé simples, obligations convertibles) pour pouvoir bénéficier d’un effet de levier avec des financements complémentaires en dettes ou subventions. Cela est important lors de la création mais aussi tout au long de la vie de votre entreprise.

         

N’hésitez pas à en discuter régulièrement avec votre expert-comptable : il pourra vous conseiller sur le sujet, notamment vous donner des pistes pour améliorer de manière directe ou indirecte vos fonds propres dans votre bilan annuel (par exemple en immobilisant des actifs immatériels).